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El Cóndor Pasa

El Cóndor Pasa

Pena Blanca

Jour trois cent vingt-huit. A l’aube, les moteurs tournent déjà et les chauffeurs grattent la couche de glace qui s’est formée pendant la nuit. La lumière sur la lagune est féerique, la sensation de froid, stupéfiante. Nous reprenons la route pour nous arrêter rapidement devant de petits geysers.

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Frémissements de boues gluantes ou l’odeur de souffre est bien présente. L’activité volcanique est intense dans la région. Nous traversons le désert du Siloli. Rochers isolés aux formes surréalistes dont le célèbre “Arbol de Piedra”, l’arbre de pierre.

Lacs colorés, volcans, plateaux arides et ciel bleu, quelques vigognes et beaucoup de flamands roses. A midi, nous déjeunons chez un berger. En dégustant notre soupe, nous apercevons au loin les fumerolles qui lèchent les flancs du volcan Ollagüe (5’870m). Devant la cabane, des pattes et ossements de lama traînent un peu partout. Sur le toit de chaume, se dresse une grande croix en bois rafistolée.

Leoncio, nous montre une boule de lichen d’un vert presque fluorescent. La “llareta” est un lichen d’altitude très dur qui résiste au gel et au sel. Composée d’une multitude de fleurs microscopiques, il peut vivre quatre à cinq siècles et ne pousse que de cinq millimètres par an. Les indigènes le fendent avec une hache. Cette plante qui contient une espèce d’essence de térébenthine est un combustible exceptionnel dans une région où il est plus facile de trouver du borax que du bois de feu.

Nous traversons une voie de chemin de fer en bordure d’un désert de sel. Ces rails relient depuis 1873 la ville minière d’Uyuni en Bolivie à l’Océan Pacifique dans le port chilien d’Antofagasta. En 1879, la Guerre du Pacifique éclate entre le Chili, le Pérou et la Bolivie. En 1884, les boliviens perdent leur département du Littoral qui était leur unique accès à la mer. Coup dur pour les mines, les chiliens se frottent les mains.

San Juan, plus tard dans l’après-midi. Un village perdu sur les bords du grand lac salé. Des rues balayées par la poussière et le vent. Une église, une école, un semblant de terrain de football qui fait le bonheur des gosses. De vieux “pick-up” américains, rouillent tranquillement au soleil. Dans le désert alentour, pousse miraculeusement l’incroyable Quinoa, base de l’alimentation andine.

A l’heure du coucher de soleil des camélidés se dessinent en ombres chinoises sur fond de “Salar” incandescent. Une jeune femme suivie d’un gros chien pouilleux ramène un troupeau de lamas au village de Pena Blanca où nous passons la nuit.

Pendant le repas du soir, nous assistons au triste spectacle de mêmes qui viennent souffleter dans leurs sikus pour ramener quelques monnaies à la maison. Malaise de part et d’autre dans le groupe. Faut-il encourager ce genre de gag ? Pour la plupart d’entre nous, il s’agit de notre première dépense en territoire bolivien. Les billets tombent à défaut de ferraille. “El Cóndor Pasa ” même martyrisé par des enfants sans enthousiasme peut rapporter gros aux familles du village.

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