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Fissures

Fissures

Estacion de Peaje Piedritas - Argentine

Jours trois cent trois et trois cent quatre. Le gros bus jaune n’ira pas plus loin. La police refuse de le laisser continuer sa route vers Posadas. La faute à un pare-brise fissuré de bas en haut. La chose n’est pas rare dans un pays où une grande partie du réseau routier est composée de « ripio » (route de graviers tassés). Tous les bus avec lesquels nous avons voyagé avaient la vitre remplie d’impacts de cailloux projetés en l’air par les camions et autres véhicules.

Alors quelle est donc la raison de cet excès de zèle de la maréchaussée en plein week-end de Pâques ? Il y a de quoi se poser la question. Surtout qu’arrêtés sur l’aire de péage de Piedrita, nous aurons tout le loisir d’observer les pullmans des autres compagnies foncer vers Posadas le vitrage lézardé, comme de bien entendu.

Cet arrêt inopiné à quatre cent kilomètres de notre destination nous semble bien louche. Peut-être s’agit-il d’une guerre entre entreprises de transport. Un remake du combat entre nordistes et sudistes. Celles du nord protégeant leur territoire en soudoyant les gendarmes pour ne pas laisser passer celle du sud. Cela ne serait pas étonnant dans un pays où la corruption est malheureusement reine.

Nous attendrons sept heures durant que l’entreprise « Tramat » puisse libérer un nouvel autobus pour nous l’envoyer dans notre cambrousse, perdue à quelques encablures de la frontière uruguayenne.

Pendant ce temps-là , à Posadas, Luciana s’inquiète. Elle nous attendait pour treize heures. A dix-huit heures, elle n’a toujours pas de nouvelles de notre part. Sur notre parking improvisé, la téléphonie mobile nous montre une fois de plus ses limites.

Vingt-trois heures. Nous arrivons enfin à destination. Luciana nous rejoint à la gare routière, accompagnée de sa cousine et de son oncle qui nous conduiront au centre-ville. Nous sommes hébergés par la famille Blanchard, dont l’un des fils, Pretty, est un ami des parents de Valérie. Pretty vit en Suisse, à Morges où il est professeur de tennis. Ses parents, Ana-Maria et Ruben profitent des fêtes de Pâques pour passer quelques jours de vacances au Brésil. C’est donc sa soeur Luciana qui nous guidera pour nos premiers jours dans la Province de Missionnes.

Le lendemain, nous préparons notre balade vers les chutes d’Iguazu à deux cents kilomètres de là . En soirée, nous faisons la connaissance des amies de Luciana et de Marite, la mère de l’une d’entre elles. Marite nous fait découvrir le magazine des suisses de l’étranger, « La Revue Suisse », belle publication en espagnol qu’elle reçoit régulièrement en tant que « suisse de l’étranger ».

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