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Grèves, tennis et puma

Grèves, tennis et puma

Posadas

Jours trois cent dix à trois cent douze. La carte de l’Argentine est scotchée aux murs de la cuisine, de gros cercles tracés au marqueur rouge indiquant les positions des barrages routiers. La télévision vomit son lot de nouvelles et d’images de paysans en colère. Les “Cortes del Campo” (la grève des agriculteurs) bloquent tous les accès aux grandes villes. Les supermarchés ne sont plus approvisionnés depuis deux semaines.

Pour contenir les prix à l’intérieur du pays et pour tenter d’enrayer la quasi mono-culture du soja dans le pays, mais aussi pour garnir son portefeuille, le gouvernement a décidé d’imposer une réforme sur les taxes agricoles. Tollé. Les quatre syndicats agricoles se sont exceptionnellement réunis pour lutter contre cette révision.

Du coup, la situation devient critique à Buenos Aires. La présidente dans un discours à la nation refuse de céder et le ton se durcit des deux côtés. Dans la capitale, les ménagères en colère sont descendues sur la Plaza de Mayo, casseroles et ustensiles à la main frappant sur le métal dans un boucan d’enfer. Un tel mouvement populaire n’avait pas eu lieu depuis la faillite de 2001. Les routes du nord bloquées, nous avons la chance de pouvoir rester un peu plus longtemps à Posadas dans notre super famille d’accueil.

Sur les bords de la rivière, nous rendons visite à Ruben qui organise un tournoi dans le club où il travaille en tant que professeur de tennis. Terre battue, soleil d’automne, jurons des joueurs et le maté qui passe de main en main dans les rangs des spectateurs. On deviendrait presque accrocs.

Petit tour par l’Aéroport international de Posadas “Libertador General José de San Martìn”. L’activité sur le tarmac n’est pas trop intense. Deux à trois vols par jour. Nous sommes absolument seuls dans le terminal admirant les vitrines de pierres précieuses et les statues des militaires tombés lors du conflit des Malouines.

En fin de journée, nous nous rendons avec Ana-Maria et Luciana dans un centre de réhabilitation de la faune. Quelques constructions éparses, de petites cages, des enclos. Ici, avec des moyens limités, un vétérinaire et quelques aides tentent de soigner puis de relâcher des animaux blessés ou capturés par la population. Le toucan retrouvera bientôt sa liberté, lui qui avait été mis en cage par quelques imbéciles pour faire joli. Les deux jaguars pourchassés par des bergers et sauvés d’une mort certaine par le centre ne verront plus jamais la jungle de leur enfance. Trop gros et désormais inadaptés à la vie sauvage. Idem pour le triste puma qui longe les grilles de sa taule à longueur de journée. Nous sommes épatés par le “zorro del Chaco” ou loup à crinière, sorte de renard monté sur échasses et passant son temps dans les marais à chasser les petits rongeurs, oiseaux, insectes et poissons. On ressort du parc un peu cafardeux, le centre manque cruellement d’argent et de soutient. La plupart des animaux sauvés par l’équipe ne sortiront plus jamais.

Dernière soirée avec les Blanchard. Ruben nous fait découvrir le Torrontes, vin blanc fabuleux, provenant de la région de Cafayate. Nous goûtons aux meilleurs empanadas du pays et partageons une dernière fois le maté avec nos hôtes.

Ana-Maria, Ruben, Luciana, Marite, merci à vous tous pour votre accueil et votre gentillesse !

Pretty, merci à toi pour l’organisation (à distance) de ces magnifiques rencontres.

Au revoir Posadas !

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