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Borax

Borax

Laguna colorada

Jour trois cent vingt-sept. Près d’une cahute en pisé qui sert de poste frontière, le drapeau bolivien claque au vent glacial de l’altiplano. A quelques mètres de là, une carcasse d’autobus fait office de latrines. Au loin, le volcan Licancabur se dresse, majestueux, comme un triangle posé sur un plateau brun aux herbes rases.

Nous faisons la connaissance de nos guide et chauffeurs. Leocio pilotera le Land Cruiser bordeau. Marcus et son épouse Felicia roulent dans un Land Cruiser blanc impeccable qui servira de cuisine roulante à toute l’équipe pour ses deux jours de voyage à travers la province du Sud-Lipes.

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Nous voyageons avec Odette et Christian, nos deux amis suisses rencontrés à San Pedro de Atacama. Nous partagerons les véhicules avec trois hollandais en vadrouille et quatre jeunes anglaises frigorifiées.

Comme sur une autre planète, nous traversons des paysages irréels parsemés de lagunes blanches, vertes et rouges. Le sol regorge de borax, de magnésium et autres minerais qui colorent ces lacs d’altitude où s’ébrouent des centaines de flamands roses.

Petit arrêt pour une trempette dans un bassin où l’eau sort à plus de trente-cinq degrés Celsius. Agréable moment, les oreilles glacées et le corps bien au chaud dans notre baignoire naturelle à plus de quatre mille mètres d’altitude.

En fin de journée, nous regardons le soleil se coucher sur la “Laguna Colorada”. Les bourrasques provoquent des nuages de borax, petites taches blanches sur les flots moutonnés et orangés.

La température, tout comme la nuit, tombe brusquement. Nous nous installons dans les baraquements d’un ancien complexe électrique. Felicia nous prépare une soupe chaude. Les chauffeurs quant à eux protègent les capots des véhicules avec d’épaisses couvertures. Nous sortons nos gants, bonnets et autres sous-vêtements thermiques. La soirée va être très froide. Nos quatre “Spice Girls” britanniques quant à elles, n’ont pas jugé utile de s’encombrer de vestes et autres sacs de couchage. Elles en rigolent en se serrant les unes contre les autres en attendant que ça passe. La goutte au nez, nous entamons avec Odette et Christian un match aux cartes endiablé avant de nous glisser dans nos duvets.

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