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On dirait le Sud

On dirait le Sud

Papatowai - Nouvelle-Zélande

Jours deux cent quarante-deux à deux cent quarante-quatre. Une légère brume cède la place à de petits rayons de soleil. Un pin isolé, un peu décharné s’accroche à un frêle banc de sable. A l’horizon, on distingue les énormes rouleaux qui s’écrasent sur la plage de Surat Bay sous un ciel blanchi par l’écume. De gros taureaux dressent leur silhouette en ombres chinoises sur les collines alentours comme pour imiter leurs cousins publicitaires des monticules espagnols.

Sur la grève, ils sont à peine visibles à force de se rouler dans le sable. Parfois, les lions de mer sortent de leur sieste pour se dresser fiers et majestueux sur leurs nageoires. Le museau en avant et la moustache frétillante, ils s’avancent vers nous à une vitesse ahurissante. Nous reculons peu rassurés par ces masses énormes. Puis ils foncent dans l’eau, pour en ressortir noirs et luisants. Le plus gros de la bande (un mâle avec une tronche de charpentier à la retraite) se met à hurler sur deux femelles qui font les folles.

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Nous les observons pendant plus d’une heure. Jamais, nous n’aurions imaginé approcher de si près de tels animaux en liberté. C’est ce qui fait toute la magie de Parc National des Catlins à l’extrémité méridionale de l’île du sud. Le soir d’avant, nous avions eu la chance d’apercevoir les si rares dauphins de Hector (dauphins à front blanc) jouer dans les vagues de Purpoise Bay. A quelques encablures de là , marchant sur les fossiles de la forêt pétrifiée de Curio Bay, un manchot à oeil jaune regagnait ses fourrés à l’allure d’un escargot. Puis nous surprenions une otarie à fourrure énervée qui sortait de l’eau à cinq mètres de nous pour traverser le camping en hurlant. Les Catlins se sont également des paysages côtiers à couper le souffle. Comme la baie de Tautuku, gigantesque croissant de sable ou viennent s’écraser de belles vagues, puissantes et régulières ou le phare de Nugget’s Point perché sur un éperon rocheux perdu dans la brume.

A Kaka Point, nous observons amusé deux sauveteurs qui s’entraînent avec style. Courir sur le sable en tirant le Zodiac, l’allumer, passer la barre de vagues (dans un saut impressionnant), toucher une bouée ancrée au large pour revenir à toute vitesse en pivotant l’embarcation face à la mer, relever le moteur au dernier moment avant de s’immobiliser devant le cabanon (ouf). Magistrale chorégraphie de deux hommes en rouges qui finiront par planter l’hélice du hors-bord dans un joli bruit sec et cassant avant de cesser leurs sportives activités.

Le lendemain, nous rejoignons Dunedin sous un ciel très pluvieux. Nous continuons plus au nord jusqu’à Oamaru où le soleil pointe enfin son nez. Ici les pingouins sont les stars locales. Tous les soirs, une colonie de manchots pygmées (pingouins bleus) sort de l’eau pour venir nourrir ses petits restés cachés dans les rochers. Un amphithéâtre a été installé pour permettre aux touristes d’assister à la scène avec tout le confort nécessaire.

Prix du spectacle : CHF 20.- par personne. Ne manque plus que Jean-Michel Jarre pour assurer le son et lumière.

On rentre au camp dans la froide lumière du soir. Les rues d’Oamaru ont des petits airs d’Ecosse, bâtiments de brique peintes, pubs et docks à l’abandon. Dans la cuisine du camping, deux retraites mangent sans un mot en regardant un film d’horreur sanguinolent où des monstres affreux- affreux sont découpés à la tronçonneuse. Dans la kitchenette, l’éclairage au néon, le formica brun-vert et le tintement du micro-onde en rajoutent à l’ambiance.

    1 commentaire

  1. Trop magnifiques ces lions de mer…
    J’aurais trop aimé les voir, sans parler des manchots (qui me font penser un peu à Poupette si elle se dresse sur les pattes arrières :-))
    Mille merci pour cette belle aventure que nous vivons assis devant notre ordi…
    Mille bisous à vous deux.
    Maryline

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